Abîmes

Coproduction – Cie Abel – Espace Germinal de Fosses - durée : 25'

Chorégraphie : Evelyne Le Pollotec

Interprètes : Yves Heck - Evelyne Le Pollotec - Delphine Pain - Lumières : David Segalen - Musique originale : Maxime Fiorani

Costumes : Evelyne Le Pollotec - Décors : François Giovangigli

 Diffusion : Fosses / Paris / Magny en Vexin.

Abîmes

« Il suffit d’un peu d’imagination pour que nos gestes les plus habituels se chargent d’une signification inquiétante, pour que le décor de notre vie quotidienne engendre un monde fantastique. »

Boileau-Narcejac

Conte chorégraphique pour deux danseuses et un comédien-danseur. Conte fantastique, ou plutôt… d’un réalisme fantastique.

Portant un goût immodéré pour l’œuvre de Georges Franju, j’ai ressenti la nécessité de l’adapter à la danse. Franju est ce cinéaste du milieu du XXème siècle qui s’est imposé comme documentariste (Le sang des bêtes, Hôtel des Invalides) avant de Méliès, Feuillade, Lang. A propos des Yeux sans visage, Gabriel Vialle disait :  « … les ancêtres de ce film habitent l’Allemagne, cette Allemagne de la grande époque cinématographique de Nosferatu. »

Cet univers est notre propos chorégraphique ;

S’engouffrer dans les domaines du fantastique, de l’onirisme par le mouvement, le  langage du corps. Rejoindre l’apparente incohérence des rêves. La trame est bâtie à la lisière du réel et de l’irréel, du visible et de l’invisible…

Fiction poétique à peine imaginaire ou l’épouvante représente  une certaine vision lucide de notre monde.

Une réalité qui se réfléchit dans les miroirs inattendus de l’insolite. Le mouvement s’inscrit non dans un rythme, mais dans sa durée. Transcrire l’immobilité du temps…la précision du geste amène vers un fond d’instabilité où les repères se brouillent. Le décor composé de quatre grandes toiles peintes descendant des cintres, sectionne ainsi l’espace scénique où, tel dans un labyrinthe, les personnages déambulent, se cherchent, se trouvent et se perdent à nouveau. La musique, quant à elle, utilisée comme au cinéma est présente pour souligner le climat, elle détermine et sculpte ainsi le propos chorégraphique.

De cet univers noir se dégagent pourtant en contrepoint, la limpidité, la pureté et la fraîcheur dans la fluidité du mouvement.

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